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À 35 ans, il quitte la ville : "je ne pouvais plus continuer comme ça"

Thomas avait un CDI, un appartement à Lyon et une vie que beaucoup lui enviaient. Un matin, il a tout lâché pour s'installer dans le Cantal. Deux ans après, il raconte.

Par Léna Darvois · 2026-04-27 · 5 min de lecture
Homme de 35 ans devant une maison de campagne dans le Cantal

Thomas avait 35 ans, un poste de chef de projet dans une agence de communication lyonnaise, un deux-pièces dans le 7ème arrondissement et un compte épargne bien garni. Sur le papier, tout allait bien. En réalité, il suffoquait.

Je me réveillais tous les matins avec cette boule au ventre. Pas à cause du travail en lui-même, mais à cause de tout ce qui allait avec. Le métro bondé, les réunions inutiles, les apéros obligatoires, les week-ends passés à récupérer de la semaine. Je vivais pour travailler, pas l'inverse.

Le déclic est venu un dimanche soir de novembre 2023. Allongé sur son canapé, Thomas scroll son téléphone quand il tombe sur l'annonce d'une maison en pierre dans le Cantal. Quatre chambres, un jardin de 2000 m², une vue sur les montagnes. Prix : 85 000 euros. Le prix de son studio lyonnais.

Le saut dans le vide

J'ai montré l'annonce à ma copine en rigolant. Elle m'a regardé et m'a dit : 'Et si on le faisait pour de vrai ?' On n'en a plus dormi de la nuit.

Trois mois plus tard, ils signaient chez le notaire. Six mois après, Thomas rendait sa démission. Le plan : vivre de ses économies le temps de se retourner, puis trouver du travail en remote ou lancer une activité locale.

La réalité de la campagne

Les six premiers mois ont été durs. L'isolement, le silence, l'ennui parfois. À Lyon, je me plaignais du bruit. Au Cantal, le silence m'a rendu fou pendant quelques semaines.

Mais petit à petit, Thomas a trouvé son rythme. Il a commencé à rénover la maison lui-même, a rejoint une association locale, a trouvé des missions en freelance. Sa copine, infirmière, a été embauchée en trois jours à l'hôpital d'Aurillac.

Deux ans après

Je gagne moins qu'avant. Beaucoup moins. Mais je dépense trois fois moins aussi. Plus de loyer délirant, plus de restaurants à 50 euros, plus de fringues dont je n'avais pas besoin. Et surtout, je vis. Je dors huit heures par nuit, je marche dans la montagne le matin, je connais mes voisins par leur prénom.

Thomas ne dit pas que la campagne est faite pour tout le monde. Mais il dit que se poser la question, c'est déjà le début de quelque chose.

Le plus dur, c'est pas de partir. C'est de s'avouer qu'on n'est pas heureux là où on est.
LD
Léna Darvois
Journaliste, rubrique Histoires

Journaliste indépendante spécialisée dans les récits de vie et les parcours atypiques. Ancienne correspondante en presse régionale.

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