"Achète ta maison, c'est un investissement." Pendant des décennies, ce mantra a guidé les Français. Devenir propriétaire, c'était la preuve qu'on avait réussi. Un passage obligé vers la stabilité.
En 2026, une part croissante des 25-40 ans refuse ce schéma. Pas par dépit. Par choix.
Le prix a changé la donne
Commençons par l'évidence. Avec des prix immobiliers qui ont doublé en 20 ans dans les grandes villes et des taux d'intérêt qui restent élevés, l'accession à la propriété est devenue un parcours du combattant. Un couple gagnant 4 000€ net à deux ne peut plus acheter à Paris, Lyon ou Bordeaux sans un apport conséquent.
Mais réduire le phénomène à une question de prix serait passer à côté de l'essentiel.
La liberté plutôt que les murs
Cette mentalité, c'est celle d'une génération qui a grandi avec la mobilité. Erasmus, le travail remote, les vols low-cost. L'idée de s'ancrer dans un lieu unique pour 25 ans semble anachronique.
Le calcul qui ne fonctionne plus
Longtemps, acheter était financièrement plus intéressant que louer. Ce n'est plus systématiquement le cas. Avec les prix actuels, les frais de notaire, la taxe foncière, les travaux et les charges de copropriété, le point de rentabilité d'un achat peut dépasser 10-15 ans dans certaines villes.
Un rapport différent au patrimoine
Les millennials et la Gen Z investissent autrement. ETF, PEA, crypto, investissement locatif clé en main sans y habiter. L'idée de mettre tout son patrimoine dans sa résidence principale leur semble risquée.
La question qui reste
Ne pas être propriétaire à 40, 50, 60 ans, est-ce tenable sur le long terme ? C'est la grande inconnue. Louer à 30 ans avec un bon salaire, c'est confortable. Louer à 70 ans avec une petite retraite, c'est une autre histoire.
Cette génération fait un pari. Celui que leur épargne investie ailleurs compensera l'absence de patrimoine immobilier. L'avenir dira si c'était le bon calcul.




