Lundi matin. 9h. L'agenda de Lucas, 28 ans, développeur dans une ESN lyonnaise, affiche quatre réunions. La première dure une heure pour un sujet qui tiendrait en trois lignes de Slack. La dernière est un "point d'équipe" hebdomadaire où personne ne prend la parole sauf le manager.
Le grand refus silencieux
Lucas n'est pas seul. Selon une étude Otter.ai de 2025, les salariés de moins de 35 ans participent à 31% de réunions en moins que leurs aînés. Pas parce qu'ils ne sont pas invités. Parce qu'ils déclinent.
Le coût des réunions inutiles
Une étude Microsoft de 2024 estimait que les réunions inefficaces coûtent 25 000€ par an et par salarié en temps perdu. En France, le salarié moyen passe 4,5 heures par semaine en réunion. Les cadres : 8 heures.
Ce que les jeunes proposent
Pas l'anarchie. Pas le refus de communiquer. Juste des règles simples :
- Pas de réunion sans ordre du jour écrit
- Pas de réunion de plus de 30 minutes
- Pas de réunion à plus de 5 personnes
- Toute réunion doit se terminer par une décision ou une action
Les entreprises qui s'adaptent
Certaines boîtes ont pris le virage. Shopify a supprimé toutes les réunions récurrentes en 2023. Basecamp fonctionne quasi-exclusivement en asynchrone. En France, des startups comme Alan ou Payfit limitent les réunions à des créneaux précis.
La tension générationnelle
Les managers de 45-55 ans vivent les choses différemment. Pour eux, la réunion est un outil de contrôle, de lien social, de management.
Le compromis reste à trouver. Mais la tendance est claire : la réunion par défaut est en voie de disparition.



