C'est peut-être le dernier grand tabou de la parentalité. Plus fort que l'épuisement, plus silencieux que la dépression post-partum. Le regret parental. Ne pas regretter ses enfants - les aimer est hors de question. Regretter d'être devenu parent.
"Je les aime plus que tout. Mais si je pouvais remonter le temps, je ne suis pas sûre que je referais ce choix." Marie a 41 ans, deux enfants de 8 et 5 ans, un mari présent. Sur le papier, tout va bien. En vrai, elle est épuisée depuis 8 ans.
Un sujet encore impossible
En 2024, la sociologue israélienne Orna Donath a popularisé le concept avec son étude "Regretting Motherhood". En France, le sujet reste largement tabou. Le dire à voix haute, c'est s'exposer au jugement le plus violent qui soit.
Les chiffres qu'on cache
Selon une étude YouGov de 2024, 8% des parents français déclarent regretter d'avoir eu des enfants. Et 19% disent y avoir "parfois pensé". Ce n'est pas marginal. Sur 18 millions de parents, ça représente potentiellement 1,5 à 5 millions de personnes.
"Les chiffres réels sont probablement plus élevés. Qui va répondre honnêtement à cette question, même dans un sondage anonyme ?" - Dr Claire Marin, philosophe.
Ce qui pèse
Ce n'est pas l'amour qui manque. C'est tout le reste.
La charge mentale permanente. Le manque de sommeil pendant des années. L'abandon de soi - ses hobbies, son corps, ses amitiés. La pression financière. Le couple qui s'effrite sous le poids de l'organisation.
La différence entre regretter et ne pas aimer
C'est la nuance que personne ne veut entendre. Regretter d'être parent, c'est regretter la décision, pas l'enfant. C'est se dire : si j'avais su ce que ça impliquait vraiment, aurais-je fait le même choix ?
Ce qui aiderait
Pas du jugement. Pas des "tu devrais consulter". Des choses concrètes : du repos, du temps seul, une société qui ne fait pas reposer 100% de la parentalité sur les parents.



