Nadia a 52 ans, un CDI, une fiche de paie chaque mois. Elle aide des personnes âgées à se lever, se laver, manger. Elle travaille six jours sur sept. Et le soir, elle dort dans sa Clio.
Comment on en arrive là
Son propriétaire a vendu l'appartement qu'elle louait depuis neuf ans. Préavis de trois mois. Elle a cherché. Partout. À Montpellier, un T2 à 600€ demande trois fois le loyer en revenus, soit 1 800€ net. Elle en gagne 1 380€.
Le quotidien dans une voiture
Elle se gare chaque soir sur le parking d'un supermarché en périphérie. Couverture sur la banquette arrière, oreiller coincé contre la portière. Elle se lave dans les toilettes du McDonald's en ouvrant. Ses vêtements sont dans deux sacs dans le coffre.
Ce que personne ne dit
En France, 330 000 personnes sont sans domicile fixe. Parmi elles, une proportion croissante de travailleurs pauvres. Des gens qui ont un emploi mais pas assez pour un toit. L'aide à domicile est l'un des métiers les plus touchés : salaires bas, temps partiel subi, déplacements non remboursés.
Un espoir fragile
Le CCAS de sa commune l'a finalement orientée vers un hébergement d'urgence. Une chambre dans un foyer, partagée avec une autre femme. "C'est pas chez moi. Mais c'est un lit."
Elle attend toujours un logement social. Le délai estimé : 18 à 24 mois.




